« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. C’était après un orage, dans cette odeur de terre et de pierres mouillées qui réveille si bien en nous un écho oublié, venu du fond des âges. Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression – la conviction ? – qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leur accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

— Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

samedi 18 janvier 2014

Si ce n'est Jean ce sera Denis (ou François)...

On a tous dans nos généalogies des "prénoms générationnels", qui nous paraissent un peu incongrus avec nos yeux d'hommes modernes (si je puis dire . . . ). Par exemple, du côté maternel, je trouve le prénom François donné à cinq générations de Roy (en premier ou second prénom).

Lorsque l'enfant décède, on redonne parfois le même prénom au nouveau-né suivant : ainsi Paveau Jean (lui-même fils de Jean) prénomme ainsi son premier-né Jean. L'enfant décède à 4 mois. Le père prénomme donc un autre fils Jean; qui décède lui aussi (à trois mois). Un troisième fils est prénommé Jean (qui décède à deux ans et demi). Ce n'est que le quatrième fils prénommé Jean qui va vivre jusqu'à l'âge adulte (il aura lui-même un fils prénommé Jean, décédé à l'âge de trois ans).

Parfois, le même prénom se retrouve non seulement sur plusieurs générations qui se suivent, mais aussi dans la même génération : Pochet Jean (père) a prénommé deux de ses fils Jean ; son petit-fils se prénomme, quant à lui, Jean Denis; son propre père se prénomme Denis et son grand-père Jehan. Pour distinguer les Jean de la deuxième génération, on les surnomme Jean « lesné » et Jean le Jeune.


Les Pochet de mon arbre

S'il y a une fille, on s'adapte ! Bourjot Denis prénomme sa fille Denise et deux de ses fils Denis.

Le record chez moi est détenu par Germain François et Mesenge Catherine qui ont prénommé une fille Françoise (née en 1717) et les quatre fils suivants François (nés de 1718 à 1724) !


2 commentaires:

  1. Je retrouve ce phénomène dans mon arbre très souvent. Parfois toutes les filles se nomment Marie, seul le 2ème prénom diffère.

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  2. Ce phénomène est récurent... Chez les Achon, j'ai trouvé un couple dont le père s'appelle Jean. Il a eu 10 garçons dont 4 ont été appelés... Jean !

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