« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leu accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
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vendredi 16 janvier 2015

#Généathème : votre astuce

De mon point de vue, la généalogie est avant tout une question de partage. D'abord parce que mes ancêtres ne m'appartiennent pas en propre, mais parce que je les partage avec beaucoup de personnes - que je connais, ou non (et plus on remonte dans le temps, moins je les connais). Et puis parce qu'elle s'inscrit dans l'histoire (la petite ou la grande) et que, là encore, c'est une affaire collective. D'où mon regret de voir petit à petit la généalogie se monnayer (par les archives, les cercles généalogiques...).

Les blocages, ou épines généalogiques, sont indissociables de la généalogie : parce que soudain vos ancêtres déménagent sans laisser d'adresse, parce qu'ils exercent des métiers disparus aujourd'hui, parce que les écritures manuscrites de chacun ne sont pas toujours aisées à déchiffrer. Vaincre ces difficultés fait partie du plaisir de la quête : d'abord parce qu'elles permettent de comprendre puis de progresser. Comprendre ce qu'on lit ou la vie de ceux qui nous ont précédé. Progresser en trouvant la génération suivante. Et c'est une satisfaction indéniable. Pour passer ces difficultés il y a l'expérience, la patience ou la persévérance.

Mais parfois, malgré toute notre bonne volonté, on se trouve véritablement coincé. Une aide extérieure peut alors se révéler précieuse. Pour débloquer une épine (ou une "épinette") il existe différentes solutions possibles.

Personnellement, les arbres en ligne sont les premiers vers qui je me tourne pour débloquer une situation. Le premier réflexe. Je cherche une personne, un lieu, une filiation... Quelqu'un dans le vaste monde a-t-il eu les mêmes interrogations que moi ? Et surtout a-t-il trouvé ? Je tente ma chance pour trouver un raccourci. Parce que bien sûr, si le plaisir est dans la recherche, il ne faut pas exagérer non plus...

Les bases en ligne : celles des cercles généalogiques, des archives... sont aussi fort pratiques. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler sur ce blog. Elles permettent parfois d'apporter des solutions inédites, auxquelles on n'aurait jamais pensé. De même, les relevés collaboratifs de Geneanet m'ont permis de faire des découvertes complémentaires bien utiles parfois : mention d'un contrat de mariage qui, une fois obtenu, précise toute la parentèle par exemple.

Et puis il y a l'assistance de tous les jours : celle des réseaux sociaux. Sans se prendre la tête, on pose une question au fil du vent. Il y a toujours quelqu'un pour répondre. J'utilise cette botte pas vraiment secrète pour m'aider à lire un mot par exemple. Et soudain le "porc de la mariée" se transforme en "père de la mariée"; ce qui, il faut bien le dire, produit un tout autre effet parmi les témoins de la noce ! Un œil neuf, c'est toujours précieux. D'autre fois c'est pour comprendre le sens d'un mot. Le cabanier a ainsi beaucoup fait parler la Twittosphère autour de moi et je remercie ici tous ceux qui m'ont expliqué que c'était un fermier.


Rencontrée un peu au hasard de mes blocages, l'association Fil d'Ariane fait partie de mon quotidien généalogique maintenant. Je l'utilise beaucoup pour pallier l’éloignement géographique. Si je demande parfois de faire une recherche "au hasard" (genre "est-ce que par hasard untel serait né ici dans ces années-là ?"), généralement c'est plutôt pour me photographier des actes notariés dont j'avais déjà une indication (par exemple un contrat de mariage mentionné dans l'acte de mariage); en attendant que les archives mettent leurs propres copies en ligne. C'est plus ou moins long, selon le nombre de bénévoles sur place, mais peu importe : je ne suis pas pressée. Ces documents "m'attendent" depuis plusieurs centaines d'années parfois, alors quelques jours de plus ne changeront rien.

Bien sûr, cela ne résout pas toujours tout : si grâce au Fil d'Ariane j'ai enfin trouvé la fiche militaire de mon arrière-grand-père (souvenez-vous, l'épine généalogique présentée l'année dernière), aujourd'hui encore il reste des mystères : a-t-il véritablement été envoyé dans les Dardanelles avec son patron angevin et toute l'usine Bessonneau, par exemple ?

Et parce que j’apprécie de pouvoir trouver ces informations et informateurs, je rends la pareil : comme j'ai déposé mon arbre en ligne, je suis devenue bénévole à mon tour pour le Fil d'Ariane... Pour que l'échange soit réciproque.

Bref, le partage, les échanges, les astuces c'est ma vie quotidienne de généalogiste.


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