« Un soir, sur un chemin familier qui m’est cher, en mettant mes pas dans les pas de ceux qui m’ont précédé sur cette terre, j’ai senti frissonner l’arbre du silence. […] Il n’y avait plus de vent, rien ne bougeait, tout était apaisé, et pourtant j’ai entendu comme un murmure. J’ai eu l’impression - la conviction ? - qu’il provenait de l’arbre dont nous sommes issus : celui de nos familles, dont les branches sont innombrables et dont les feuilles frissonnent au plus profond de nous. Autant de feuilles, autant de voix vers lesquelles il faut se pencher pour bien les entendre, leu accorder l’attention nécessaire à la perception d’un silence qui, en réalité, n’en est pas un et ne demande qu’à être écouté. Je sais aujourd’hui que ce murmure a le pouvoir de donner un sens à notre existence, de prolonger la vie de ceux auxquels nous devons la nôtre, car ils nous habitent intimement. »

- Christian Signol, Ils rêvaient des dimanches

  • #Généathème
  • #RDVAncestral

jeudi 18 juin 2015

#ChallengeAZ : P comme pas assez d'ancienneté

Je ne sais pas si vous le savez, et si vous ne le savez pas c’est normal parce que je n’ai encore rien dit, mais Jules s’est vu refusé plusieurs fois son avancement, sous le prétexte notamment qu’il n’avait pas assez d’ancienneté dans le métier.

Lettre au sénateur Baudin © AD01

"Le Conservateur des Eaux et Forêts
A Monsieur le Préfet de l’Ain Pierre Baudin, Sénateur, ancien Ministre
A Bourg

Vous avez bien voulu appeler mon attention sur M. Assumel garde communal des Eaux et Forêts à Martignat qui désirerait être nommé brigadier.
J’ai l’honneur de vous faire connaître [ ?] que j’ai signalé à la bienveillance de M. le Conservateur des Eaux et Forêts l’intérêt que vous portez à M. Assumel. Mais votre protégé n’a [ ?] que 16 mois de service et pour le moment sa candidature à un emploi de brigadier ne peut pas être retenue.

Tampon de la Préfecture
3/12/1909"

Par sept fois, d’après les documents en ma possession, Jules se verra refuser un avancement ou une mutation. Outre les problèmes d’opinions (racontés dans le futur article U), c’est par quatre fois le manque d’ancienneté qui est avancé.

Est-ce un prétexte (compte tenu des difficultés qu'il a par ailleurs) ou considère-t-on véritablement qu’il soit nécessaire d’avoir un certain nombre d’années de service pour pouvoir progresser dans la carrière ? Difficile à dire. Ce manque d’ancienneté n’est jamais étayé plus précisément : pas de texte de loi indiquant le nombre d'année requis, par exemple. Le refus cité plus haut intervient après quatre années de service, puisque Jules est nommé pour la première fois garde forestier en 1905 (voir article N comme nomination). Et en 1912 la même cause est encore invoquée pour lui refuser son avancement, malgré la lettre rédigée par Jules lui-même (voir article L comme lettre émouvante).

S'il n'obtiendra jamais le grade de brigadier, Jules progressera tout de même : il évolue dans les différentes classes, comme on l'a vu à l'article J comme Journal Officiel.


Merci aux Archives Départementales de l’Ain pour cette trouvaille.
Source : état du personnel des eaux et forêts.


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